Histoire des Vins et Vignobles d'Alsace

Le vignoble d'Alsace
s'étend du nord au sud de l'Alsace sur une centaine de kilomètres, sur le flanc est des Vosges. La surface de production est de 14 800 hectares répartis sur 119 communes.

Les vins d'Alsace sont principalement des blancs, vinifiés par cépages : Riesling, Pinot gris,Gewurztraminer, Muscat d'Alsace, Sylvaner, Pinot blanc, Klevener.

L'Edelzwicker, tout comme le Gentil est un assemblage de plusieurs cépages.
Le Crémant d'Alsace est un vin blanc ou rosé effervescent.
Le Pinot noir est le seul cépage rouge ou rosé de la région. Il est à la base des appellations Pinot noir, Rouge d'Ottrott, Rouge du Stephansberg, etc.

Un cépage, le chasselas, est surtout mangé directement et n'est que très rarement vinifié.



 Les Appellations

Les vins d'Alsace sont classés en AOC (Appellation d'Origine Controlée) depuis 1984.

  • L'A.O.C. Vin d'Alsace ou Alsace. Elle mentionne habituellement le nom du cépage ou celui d'Edelzwicker (un assemblage de cépages réalisé selon l'inspiration du viticulteur). L'étiquette peut également mentionner un lieu-dit.
  • L'A.O.C. Alsace Grand Cru. Il existe 51 lieux-dits délimités pouvant bénéficier de l'appellation Grand Cru. Seuls quatre cépages sont autorisés dans l'AOC Alsace Grand Cru : le Riesling, le Gewurztraminer, le Pinot gris, le Muscat d'Alsace. Toutefois, le décret du 21 mars 2005 autorise l’utilisation du cépage Sylvaner dans l’AOC Alsace Grand Cru Zotzenberg et les vins d’assemblage dans l’AOC Alsace Grand Cru Altenberg de Bergheim. Le décret du 12 janvier 2007 autorise également les vins d’assemblage dans l’AOC Alsace Grand Cru Kaefferkopf.
  • L'A.O.C. Crémant d'Alsace. Ce sont des vins effervescents à base de Pinot blanc, Pinot noir, Pinot gris, Riesling ou Chardonnay élaborés sur une méthode traditionnelle comme en Champagne.
  • L'A.O.C. Klevener de Heiligenstein. Une appellation consacrant le cépage Traminer.

Depuis un décret de décembre 1999, les vins à appellation d'origine contrôlée Alsace et Alsace Grand Cru peuvent être déclarés et présentés avec l'une des mentions particulières Vendanges tardives ou Sélection de grains nobles s'ils correspondent à des conditions strictes (vendanges manuelles, teneurs en sucre minimales, vins issus uniquement des cépages Gewurztraminer, Pinot gris, Riesling et Muscat d'Alsace.)


Un peu d'histoire...

L’Alsace a fait sa réputation avec des vins de cépage. Cette tradition rhénane, qui avait fait de cette région vinicole une exception dans le panel des AOC françaises, ne fut pas toujours un avantage. Ses vignobles durent attendre 1962 pour accéder à l’élite. Mais en une décennie les vignerons mirent les bouchées doubles, puisque 1976 fut l’année de naissance du Crémant et qu’un an auparavant le Schlossberg de Kientzheim revendiquait, sur la base d’une stricte sélection de son terroir, l’appellation Grand Cru. Une révolution au pays des sept cépages.

 

L’exemplaire démarche plut et fit des adeptes. Aussi, le 23 novembre 1983, ce furent vingt-cinq lieux-dits, parfaitement sélectionnés, qui eurent droit à la nouvelle AOC. Un décret de Bruxelles officialisa, au niveau européen, cette démarche. Le voisin allemand en profita pour faire enregistrer près de cinq mille lieux-dits, les vignerons alsaciens, plus raisonnables, qui en avaient déjà délimité vingt-cinq autres se contentèrent, fort heureusement, de ce nombre en restant dans le cadre des «usages loyaux et constants ».
L’Institut National des Appellations d’Origine accepta ce dernier dossier, le 17 décembre 1992.
L’Alsace possédait une nouvelle appellation composée de cinquante Grands Crus.

Leur délimitation parcellaire fut l’occasion d’une spectaculaire remontée dans le temps. Jusqu’alors tous ceux qui parlaient ou écrivaient sur le vignoble alsacien commençaient l’historique de ses vins à la Guerre de Trente Ans, c’est à dire au XVIIe siècle.

Dès le haut Moyen-Âge

En Alsace, la notion de grand cru est très ancienne. À Marlenheim, en 613, le futur roi Dagobert donnait des vignes sur le Steinklotz à l’abbaye de Haslach.

À Rouffach, en 762, Heddo, l’évêque de Strasbourg, fondait l’abbaye d’Ettenheim et constituait sa mense avec les vignes du Vorbourg.

À Bennwihr, en 777, les missi dominici, de passage en Alsace, notaient dans leur rapport à Charlemagne la qualité des vins de Beno Villare (le domaine de Beno) dont les vignes s’étalaient sur le Marckrain.

À Sigolsheim, une charte de 783 notifiait que le vignoble de Sigoltesberg (le Mambourg actuel) était la propriété conjointe des seigneurs et des monastères du voisinage.

À Kintzheim, les abbés bénédictins d’Ebersmunster possédaient des vignes, au IXe siècle, au Praelatenberg (Montagne des Prélats). Ce lieu-dit est attesté dès 823.

À Dahlenheim et Scharrachbergheim, une charte cite pour la première fois le vignoble de l’Engelberg en 884.

Le vignoble sur les pentes du Scharrachberg

À Wintzenheim, au IXe siècle, une donation de l’abbaye de Murbach mentionna le Hengst pour la première fois. Les seigneurs du Haut-Landsbourg et le Bailli de Kayserberg s’en partagèrent les droits féodaux jusqu’à la Révolution.

Les quarante-trois autres lieux-dits d’Alsace ont tous, entre l’An Mil et la Renaissance, été la propriété ou le fief de la noblesse ou du clergé. Cette richesse des cartulaires et chartriers alsaciens ne seraient que régal d’érudits si elle n’avait permis de servir de base historique à la délimitation des lieux-dits des Grands Crus d’Alsace.


Les grands crus d’Alsace


Un terroir viticole, aussi propice soit-il, n’est rien sans l’intervention de l’homme et la volonté du vigneron de faire de la qualité. Le souhait des promoteurs des Grands Crus d’Alsace fut d’emblée de s’orienter dans ce sens.

Il est intéressant de revenir sur les terroirs des lieux-dits sélectionnés pour en souligner la diversité : granit, schiste, calcaire, marno-calcaire, gypse, sablo-argileux, gréso-volcanique et granito-gneissique. Situés entre 200 et 420 mètres d'altitude, ils sont généralement orientés de Sud à Sud-Est avec des déclinaisons de Sud-Ouest à Est-Sud-Est, leur superficie variant entre 3,23 hectares pour le Kanzlerberg de Bergheim et 80,28 hectares pour le Schlossberg de Kientzheim.

Les cépages admis pour l’AOC Grands Crus d’Alsace ne sont plus qu’au nombre de quatre : gewurztraminer, riesling, muscat, pinot gris (ancien Tokay), plus un cinquième cépage : le sylvaner, admis depuis la récolte 2005 pour l'AOC Grand Cru d'Alsace exclusivement sur le Zotzenberg de Mittelbergheim. Les conditions de production sont plus drastiques, le rendement a été limité à 60 hl/ha avec 10° minimum pour le Riesling ou le Muscat et 11° pour le Gewurztraminer ou le Pinot Gris. L’étiquette doit absolument comporter l’AOC Alsace Grand Cru, la mention du lieu-dit (terroir), du cépage et du millésime.

Comme les autres vins d’Alsace les Grands Crus peuvent être récoltés en vendanges tardives ou après sélection des grains nobles. Cette spécialité alsacienne inaugurée en 1984 prend alors sa plus haute expression.

Quant à ceux qui se poseraient la question sur le potentiel de vieillissement de ces vins, une seule petite anecdote les renseignera. Le dimanche 13 septembre 1868, lors du banquet des félibres provençaux qui recevaient, à Saint-Rémy-de-Provence, leurs collègues, Frédéric Mistral et Victor Balaguer eurent la surprise de se voir offrir, sous forme de toast, par le Baron Brisse, une bouteille de vin d’Alsace de la récolte de 1472, qui lui avait été donnée par le directeur des Hospices de Strasbourg.

 




 Après toute cette lecture... Je passe à la dégustation.
Et Vous ?

"Allez ...Santé,Bonheur et Prospérité"



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