Patrimoine culturel et gastronomique " le Foie Gras"

Tout savoir sur la production de palmipedes a foie gras
4500 ans d’histoire

Le gavage des oies et des canards est né de l'observation de leur tendance naturelle à manger plus que d'habitude, en prévision de leurs grandes migrations. Il est reconnu que, pendant cette période, le poids de certains migrateurs augmente de moitié ! Du Nord au Sud en hiver ou du Sud au Nord en été, oies et canards "font le plein" avant de partir à l'assaut du ciel et des intempéries…

L'essor de l'élevage et du gavage des palmipèdes a toujours oscillé entre art culinaire et besoin vital. La graisse produite par les canards et les oies, était, en effet, le moyen pour les paysans de se nourrir tout au long de l'année et, grâce à sa conservation aisée (le confisage), de faire des provisions en prévision des disettes.

 

Nos lointains ancêtres, après avoir découvert la délicieuse saveur du gras des oies sauvages, venues passer l'hiver au Pays du Sumer, entre le Tigre et l'Euphrate (on trouve des décorations murales sur lesquelles figurent des oies à Ninive en Mésopotamie) ou près du Delta du Nil, veulent en savoir plus à son sujet… Gourmands et curieux de connaître les secrets de ce foie imposant et délicieux, les Egyptiens (entre autres) décident d'observer le comportement du volatile migrateur. Leur patience paye lorsqu'ils découvrent que les oies, pour faire le "plein d'énergie" et se préparer à ce long trajet qu'est la migration, se gavent de nourriture, beaucoup plus qu'à l'ordinaire… Les Egyptiens, en particulier, comprennent alors que les oies créent le "Foie Gras" en accumulant la graisse dans ce fameux organe, un véritable "carburant" pour leur long voyage !

 

Très observateurs, les Egyptiens furent les premiers à engraisser des oiseaux de toutes sortes en les nourrissant en abondance, en reproduisant le comportement naturel des oiseaux migrateurs.

 

La technique fut ensuite perpétuée, chaque peuple utilisant les ressources disponibles localement.


Elle se développa en particulier en France à partir du 18ème siècle avec l’arrivée du maïs dans le Sud Ouest.
 

Avant l’arrivée des techniques modernes de sélection, les éleveurs sélectionnaient, par palpation, les canards reproducteurs parmi les animaux gavés selon leur capacité à bien s’engraisser. Les animaux choisis étaient ensuite relâchés pour servir de géniteurs.


 

On retrouve en Egypte de nombreux témoignages sur la capture, la domestication, l’élevage et le gavage des oies et des canards.

 

On peut remarquer l’incroyable modernité des techniques d’élevage des oiseaux d’eau pratiquées par les Egyptiens dans l’Ancien Empire (2815-2400 avant J.C.).

 

 Fresques égyptiennes reproduisant une scène de gavage. Musée du Louvre - Paris

 

 
 

Les décorations d’une vingtaine de tombeaux de cette époque mises à jour à Saqqarah et à Gaza, tout près du Caire, en fournissent la mémoire : engraisser les oiseaux de basse-cour est une pratique que l’on trouve déjà dans les tombeaux des grands personnages de l’Ancien Empire d’Egypte.

 

Les fresques décorant la sépulture de Ti (2500 avant J.C.) décrivent les scènes de gavage d’oies et de canards. L’illustre Ti devait être un tel amateur de foie gras que les bas-reliefs peints de ses appartements mortuaires exposent d’une manière remarquable les procédés de gavage d’oies.

On trouve au musée du Louvre la reproduction de cette véritable fresque, où sous les yeux du défunt et de son fils défile la basse-cour : oies, canards. Deux valets ou deux esclaves préparent une pâtée dans une marmite bombée, posée sur un trépied. L’un des valets tient un entonnoir.

Une pratique perpétuée jusqu'à nos jours

 

Figues, millet, sésame, plantes potagères et maïs successivement utilisés

 

Après les Egyptiens, Grecs et Romains pratiquèrent l’engraissement des oies et des canards.

 

L’éthymologie du mot « foie » s’explique par le goût des Romains pour le foie des oies engraissées avec des figues : ficatum.

 

D’autres documents du XIIème siècle rapportent « le secret pour faire grossir les foies de canards avec des pâtons de sésame grillé et des plantes potagères ».

 

En Europe et en France en particulier, on trouve des écrits agronomiques décrivant le gavage vers la fin du XIV siècle.

 

Le XVIII siècle est marqué par une évolution significative des techniques utilisées, le remplacement du millet par le maïs.



Un met emblématique de la gastronomie française

 

Le foie gras, ambassadeur de la culture française

Le Foie Gras, spécificité culinaire française est un produit du terroir par excellence. Ancré dans les traditions locales, il symbolise tout un art de vivre et, au fil des siècles, il est devenu un ambassadeur incontournable de la culture française.

 
Il inspire les plus Grands Chefs du monde entier qui ont su mettre en valeur ses qualités organoleptiques et l’élever au rang des produits de haute gastronomie.

 

Le Foie Gras est un patrimoine précieux, auquel sont attachés les Français, qui participe largement au rayonnement gastronomique de l'Hexagone. Symbole des repas festifs, ce mets d’exception crée les moments exceptionnels.

 

Le Foie Gras : reflet des traditions régionales

 

Le Foie Gras est un mets qui véhicule des valeurs culturelles, des coutumes régionales élaborées patiemment au fil des années, par des femmes et des hommes guidés par l'amour des produits de qualité. Une production qui, au fil des siècles, est restée majoritairement familiale et artisanale.


Un mets plébiscité des Français

 

Les Français sont très attachés au Foie Gras : plus de 8 sur 10 en consomment et plus de la moitié en achète au moins une fois par an*. Ils associent un imaginaire particulièrement riche à l’évocation du Foie Gras. Pour les consommateurs, il est lié à la culture gastronomique, au terroir et à la tradition, au plaisir du partage et de la convivialité, au raffinement, au plaisir gustatif…**


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